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L’affiche en lithographie : ce que le mot change vraiment

Dans une annonce, le mot « lithographie » attire l’œil. Sur une affiche, il a pourtant un sens précis, qu’il vaut mieux connaître avant d’acheter.

Qu’est-ce qu’une lithographie ?

Mise au point par Alois Senefelder en 1798, la lithographie (« écrire sur la pierre ») repose sur un principe simple : l’eau et la graisse ne se mélangent pas. On dessine sur une pierre calcaire avec un crayon gras, on la mouille, puis on l’encre : l’encre ne tient que sur le dessin. On pose une feuille, on passe sous presse, et l’image est imprimée. En couleurs, chaque teinte demande sa propre pierre.

Le mot désigne une technique d’impression. Il ne dit pas, à lui seul, qui a dessiné l’image.

Lithographie ou offset : quelle différence pour une affiche ?

L’offset est lui-même une forme de lithographie : même principe, mais la plaque ne touche jamais le papier. L’image passe par un cylindre de caoutchouc, sur une presse rotative qui tire vite et beaucoup, à partir d’une plaque préparée par photographie.

Le marché distingue donc deux familles. La « lithographie » désigne une image dessinée sur pierre ou sur plaque, puis tirée directement sur le papier, à la presse. L’« offset » désigne l’impression industrielle à partir d’une plaque photographique. Une affiche d’exposition en offset reste une affiche de son temps, mais elle ne doit pas être présentée comme une lithographie.

Comment reconnaître une affiche en lithographie

Pour les distinguer, la loupe aide : en offset, les couleurs sont faites d’une trame régulière de petits points, absente en principe d’une lithographie dessinée. La mention de l’imprimeur et le catalogue raisonné, quand il existe, complètent l’examen. Ces indices orientent sans prouver : c’est pourquoi, dans nos propres descriptions, nous n’écrivons « lithographie » que lorsque la technique est établie.

À quelle époque a-t-on imprimé des affiches en lithographie ?

Dès le début du XIXe siècle, d’abord en noir. À partir de 1866, Jules Chéret lance l’affiche illustrée en lithographie couleurs, et Toulouse-Lautrec, Steinlen ou Mucha prennent le relais. Selon la BnF, la lithographie en couleurs reste massivement employée jusqu’aux années 1960, avant que l’offset et la sérigraphie ne s’imposent. Une affiche d’exposition des années 1950 ou 1960 peut donc être l’une comme l’autre.

Pourquoi les tirages sont souvent plus limités

Une pierre par couleur, un passage sous presse par couleur, une impression directe sur le papier : la lithographie est bien plus lente que l’offset rotatif, et ses tirages sont souvent plus courts. Souvent, pas toujours : au XIXe siècle, elle servait aussi aux affiches de rue. Le tirage dépend de chaque commande, et quand il n’est pas documenté, mieux vaut ne pas le supposer.

Deux imprimeries connues

Mourlot, rue de Chabrol à Paris, imprime dès la fin des années 1920 les affiches des expositions des Musées nationaux. Après la guerre, Picasso, Miró, Chagall, Braque ou Le Corbusier y travaillent.

Arte, l’imprimerie créée par Adrien Maeght en 1964 rue Daguerre, accueille Miró, Chagall, Calder ou Giacometti. Elle pratique la lithographie, mais aussi l’offset : la mention « Arte » situe une affiche sans dire, à elle seule, comment elle a été imprimée.

Lithographie ou offset, une affiche d’exposition garde la trace d’un moment et d’un lieu. Savoir comment elle a été imprimée permet simplement de l’acheter en connaissance de cause.

L'équipe Toile et Vélin

Affiches en lithographie à découvrir

Trois affiches lithographiées actuellement proposées par la galerie, choisies parmi les pièces dont la technique est établie.

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Sources

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